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Biodiversité Eau Paysages

Les invertébrés des cavernes franc-comtoises sortent de l’ombre !

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publié le 21 juin 2019

Si la connaissance en matière de diversité biologique d’un milieu naturel est importante pour elle-même, elle constitue un préalable fondamental à la bonne mise en œuvre de toute action de gestion voire de protection.

Suite au dépôt en 2002 d’un projet de réserve naturelle éclatée sur des cavités à objectif de protection des chiroptères en Franche-Comté, le Conseil national de protection de la nature (CNPN) avait précisé que ce projet devait inclure également d’autres espèces animales insuffisamment représentées dans le réseau des réserves naturelles.

Une étude des invertébrés sur un réseau de cavités souterraines avait été initiée en 2006 mais n’avait pu aboutir suite à la complexité du protocole à mettre en œuvre et à la difficulté de consultation des experts nationaux voire internationaux sur les ordres d’animaux à inventorier.

En 2011, les listes des espèces retenues par le MNHN pour la mise en œuvre de la Stratégie de Création des Aires Protégées (SCAP) en Franche-Comté confirmaient l’intérêt de travailler sur les invertébrés souterrains. Dans son avis 2011-04, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) de Franche-Comté précisait notamment que le défaut de connaissance sur les espèces souterraines ne devait pas masquer un enjeu réel sur ces espèces dans la région (présence notamment d’espèces endémiques comme Trichaphenops sollaudi et insistait sur l’importance de mener rapidement des travaux sur la faune régionale souterraine (insectes, crustacés, mollusques…).

C’est ainsi que des contacts établis par la DREAL avec la Fédération Française de Spéléologie (FFS) ont abouti à la signature d’une convention en 2014 pour un inventaire et un diagnostic patrimonial de la biodiversité sur un réseau de plus de 20 cavités souterraines à enjeux identifiés dans les départements du Doubs, du Jura et de Haute-Saône. L’étude a été effectuée par le Groupe d’Étude de Biospéléologie (GEB) entre 2014 et 2018.

La présentation du rendu final de l’étude s’est déroulée à la DREAL de Besançon le 25 janvier 2019 en présence de plusieurs membres de la FFS dont le président M. Gaël Kaneko, de représentants de la Région Bourgogne-Franche-Comté, du CSRPN et de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté. Plusieurs associations naturalistes avaient également été invitées.

L’étude de plus de 300 pages se compose :

  • d’un rapport complet portant sur les matériels et méthodes utilisées, les résultats des inventaires par cavités et par départements, un diagnostic patrimonial par espèces,
  • d’une bibliographie – catalogue provisoire de la faune et de la flore souterraine pour l’ensemble des cavités franc-comtoises,
  • d’un diaporama des espèces déterminées ou en cours de déterminations

Cette étude et synthèse à l’échelle d’un vaste ensemble de cavités est une première régionale voire nationale. Vu les délais impartis, elle est non exhaustive et perfectible. Elle reste à compléter tant sur certaines déterminations encore en cours que sur l’exploration des cavités (faune spécifique suivant la situation topographique dans le site et les conditions de circulation des eaux dans les fissures …). Les lecteurs, spécialistes et naturalistes intéressés sont invités à transmettre leurs données complémentaires éventuelles et leurs remarques à Josiane Lips, Présidente de la Commission scientifique de la FFS et du groupe d’Étude de Biospéléologie [josiane.lips@ffspeleo.fr]

L’étude permet déjà de définir un état « zéro » partagé de la connaissance. Une patrimonialité des sites a pu être évaluée, une situation des principales espèces à enjeux définie. Une « nouvelle » espèce de diptère pour la France Terrilimosina racovitzai a pu être déterminée et localisée. Cet état initial a vocation a être intégré dans les documents de gestion à venir et à compléter le diagnostic naturaliste en vue de la protection de nouveaux sites.
L’étude sera prochainement mise en ligne sur le Système d’information du développement durable et de l’environnement (SIDE)

Il est à noter que l’étude a par ailleurs permis un échange positif entre associations naturalistes et spéléologiques et montré le rôle croissant de la FFS dans la sensibilisation des pratiquants à l’environnement.