CLIMI, un outil pour accompagner l’adaptation des territoires en Bourgogne-Franche-Comté

Le changement climatique bouleverse nos sociétés. Réduire nos émissions de gaz à effet de serre reste essentiel : c’est l’atténuation. Sécheresses, canicules, inondations et pertes de biodiversité sont déjà là. Il faut donc apprendre à vivre dans le climat qui change, en s’y adaptant.

Cette adaptation ne doit pas seulement être vue comme une contrainte : elle ouvre aussi la voie à des solutions concrètes, créatives et solidaires pour protéger nos territoires et améliorer notre qualité de vie.

Les Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) , présents depuis en moyenne 40 ans dans leurs territoires, disposent d’un ancrage fort auprès des habitants, des collectivités et des acteurs locaux. Cette implantation durable leur confère une légitimité et une capacité d’action unique pour accompagner la transition et construire des réponses adaptées aux réalités de terrain.

C’est dans cette logique que l’URCPIE Bourgogne–Franche-Comté, réseau régional d’associations engagées pour l’éducation à l’environnement et l’accompagnement des territoires, a développé « Le climat change ! Et nous ? Mon territoire en transition » ou CLIMI, soutenus par l’Etat (DREAL) et la Région BFC et l’agence de l’eau RMC.

CLIMI, levier d’adaptation locale

CLIMI – « Mon territoire en transition » – propose aux communes (en lien étroit avec les intercommunalités, Pays, parcs, EPAGE…) une démarche participative pour identifier leurs vulnérabilités et construire des réponses adaptées. En réunissant élus, habitants, scolaires, associations et techniciens, l’outil aide à transformer la prise de conscience en projets concrets. Ateliers, fresques, diagnostics participatifs, supports pédagogiques : autant de leviers pour que l’adaptation cesse d’être une notion abstraite et devienne une réalité vécue localement.

Une première phase (Climi 1, 2023–2024) a permis d’accompagner 5 communes et de sensibiliser 114 élèves. Une deuxième phase, « Climi 2 », spécifiquement axée sur la gestion de l’eau, est actuellement en cours : 4 communes et 1 collectivité (Grand Chalon) bénéficient déjà de plusieurs séances animées par les CPIE. Une troisième phase débute tout juste.

Quand les communes s’adaptent avec CLIMI :

Partout en Bourgogne-Franche-Comté, des expériences montrent la richesse de l’approche :



À Pierrefontaine-les-Varans (Doubs), le CPIE du Haut-Doubs a accompagné la commune avec un forum citoyen très mobilisateur. « Les élus ont eu à cœur dès le départ de constituer un groupe mixte d’élus et d’habitants », raconte l’animatrice du CPIE. Le collectif Pierrefon’ en transition a choisi la mobilité douce comme priorité, avec des propositions concrètes : « 20 stationnements vélos et des voies sanctuarisées pour les cycles ».




À La Pesse (Haut-Jura), le CPIE a favorisé la création d’une commission citoyenne appelée « La Pesse dans 20 ans ». « C’est assez remarquable d’observer une volonté aussi forte d’aller vers le faire ensemble », souligne l’équipe. Le projet retenu : une forêt comestible autonome en eau, bordée de mares restaurées et conçue comme un lieu d’apprentissage collectif.






À Épinac (Saône-et-Loire), le CPIE Pays de Bourgogne a mis en place les « papotages épinacois ». « Ces temps conviviaux nous ont permis de créer un climat de confiance, de comprendre les envies et contraintes des habitants », explique le CPIE. Résultat : un jardin collectif, une dynamique de végétalisation et une réflexion sur l’aménagement paysager du quartier.






À Beaumotte-lès-Pin (Haute-Saône), le CPIE de la Vallée de l’Ognon a réuni élus et habitants. « Le plan d’actions co-construit est riche et diversifié », résume l’équipe. Trois axes en sont sortis : mobilité, biodiversité-eau et qualité de vie. Parmi les projets déjà engagés : un Atlas de la Biodiversité Communale et un verger collectif.





À Montigny-lès-Arsures (Jura), le CPIE a permis de relancer un projet de réhabilitation de bâtiments communaux. « Le programme a été un déclic pour la commune », confie un élu. Les habitants ont aussi participé à des ateliers intergénérationnels, de la plantation de haies aux visites patrimoniales du village.



Une méthode en amélioration continue

Le CPIE Yonne et Nièvre, en charge de l’évaluation, a produit une analyse précieuse. « Le programme s’est révélé être un accélérateur de projets permettant d’intégrer les enjeux climatiques dans des investissements dès la phase d’idée ». La démarche Climi « s’intègre au cœur des préoccupations des communes rurales (lien social, accessibilité aux services, mobilité, attractivité, rénovation énergétique) ». Leur travail a abouti à une consolidation de la boîte à outils, avec de nouvelles grilles d’analyse et des adaptations selon les profils communaux. De cette réflexion est né Climi 2, un projet centré sur la gestion de l’eau, une thématique transversale permettant d’aborder des enjeux variés tels que l’urbanisme et la santé.Une troisième phase portera notamment sur la mobilité.

CLIMI et les politiques publiques d’adaptation

CLIMI s’inscrit dans un cadre national plus large. Le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC3) fixe les priorités pour renforcer la résilience du territoire. Il s’appuie notamment sur la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation (TRACC), qui fournit des hypothèses de travail — environ +2 °C en 2050 et jusqu’à +4 °C en 2100 selon les saisons et les régions. Ces projections ne constituent pas des objectifs souhaités : elles servent de base d’anticipation et sont amenées à évoluer en fonction des mesures de réduction des émissions mises en œuvre à l’échelle nationale et internationale. Elles seront intégrées dans les documents d’urbanisme pour aider les collectivités à anticiper concrètement les impacts, (canicules plus fréquentes, pression sur la ressource en eau, vulnérabilité des infrastructures et des écosystèmes…).

En Bourgogne Franche Comté, CLIMI contribue à la feuille de route de la planification écologique au travers la fiche action A3 visant l’accompagnement au changement vers la transition écologique des territoires.

CLIMI agit dans ce contexte comme un levier d’accompagnement et de mise en action. Les initiatives qui émergent – mobilités douces, forêts comestibles, vergers, jardins collectifs, réhabilitation de quartiers – sont autant d’actions sans regret : elles réduisent la vulnérabilité face au climat tout en améliorant la qualité de vie.

En mettant l’adaptation au cœur des politiques locales, CLIMI illustre une conviction simple : face au changement climatique, agir à l’échelle de la commune est à la fois possible, concret et indispensable.

Illustrations réalisées par Cléa Casagrande
Contact — Coordinatrice régionale : camille.henrion@urcpiebfc.fr

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