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Connaissance

Expérience de mesure du covoiturage à la douane de Jougne

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publié le 22 novembre 2015 (modifié le 16 février 2016)

Le contexte

Ce projet s’inscrivait dans le contexte général de la problématique des migrations quotidiennes des frontaliers, qui se traduit en particulier au poste frontière de Jougne/Vallorbe par de forts encombrements aux heures de pointe du matin et du soir. L’analyse du millier de réponses recueillies lors d’une enquête réalisée en octobre 2012, a montré que 1/3 des répondants pratique déjà le covoiturage de manière régulière ou occasionnelle, 1/3 serait intéressé et 1/3 n’est pas intéressé. Il existe donc une certaine attente envers la facilitation de cette pratique, dont l’extension permettrait de faire diminuer le nombre de véhicules, et par voie de conséquence les encombrements.

Le dispositif expérimental

L’expérience qui a eu lieu du 26 mai au 17 juin 2015, a permis l’évaluation d’un système mesurant le nombre d’occupants d’un véhicule. Cette expérience a été pilotée par les services de l’État (Dreal et Cerema), la réalisation technique étant assurée par la société Xerox, avec le soutien logistique de la Direction Interdépartementale des Routes Est et un financement de Xerox, l’Ademe et la DIR-E.
Le capteur de Xerox était positionné sur le bas-côté de la RN 57 juste en amont de la douane française de Jougne. Il se compose de deux caméras (voir schéma dans le document descriptif, téléchargeable par le lien ci-dessous) permettant la prise de deux images (devant et sur le côté du véhicule) au même moment. La prise de vue s’accompagne d’un halo rouge de faible intensité.

L’exploitation des résultats

À l’issue de l’expérimentation, les mesures devaient permettre de disposer d’une connaissance plus fine du nombre d’occupants dans les véhicules à l’heure de pointe du matin, donnée de base pour estimer le potentiel d’amélioration, et la pertinence de différentes options visant à améliorer l’écoulement du trafic.

Le respect de la vie privée

Une attention particulière a été apportée au respect de la vie privée tout en permettant à l’expérience de se dérouler correctement. Un floutage a été appliqué aux visages détectés dans les images pour garantir qu’aucune information à caractère personnel ne soit visible. Cette méthode est similaire à celle utilisée dans les fonctions Street View de Google Maps ou StreeSide de Microsoft Bing Maps. Les images floutées n’ont été conservées que 5 jours maximum.

  • Ce système n’est pas un radar (il ne mesure pas la vitesse des voitures)
  • Pas de conservation des images au-delà de la durée de l’expérimentation
  • Pas d’identification des individus ni des véhicules (pas de lecture des plaques d’immatriculation.

Les résultats

Les résultats de l’expérience (rapport complet et synthèse) sont disponibles sur le site internet de l’ADEME. Les principales conclusions en sont :

  • Une excellente performance du système de détection du nombre de passagers : globalement sur la durée de la phase de validation (du 3 au 6 juin 2015), le capteur compte correctement le nombre de passagers dans 93,5 % des cas. La détection des véhicules sans passager (conducteur seule) est précise à 95 %, et atteint 97 % aux heures de trafic dense.
  • Il passe environ 3000 véhicules entre 5 h et 8 h au poste frontière dans le sens France-Suisse en semaine.
  • La pratique du covoiturage n’a pas progressé : le taux moyen d’occupation des véhicules (1,2 personne par voiture) est exactement le même que celui mesuré manuellement sur une matinée, le 27 septembre 2012.

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