Envoyer à un ami  Imprimer la page (ouverture nouvelle fenêtre)  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner rubrique  desabonner rubrique
Profil environnemental régional de Franche-Comté
 

Risque inondation : un risque majeur pour la région

Le risque inondation est complexe à appréhender car il résulte d’une grande diversité de phénomènes hydrologiques. En région Franche-Comté, la pluviométrie peut-être abondante, associée à la fonte de neiges, les volumes d’eau peuvent être considérables. Les reliefs vosgien et jurassien accentuent des réactions rapides des cours d’eau, amplifiés parfois par des épiphénomènes karstiques (augmentation brusque du débit des rivières, mise en fonctionnement de résurgence et vidange rapide de cavités souterraines).

Les zones inondables identifiées par les Plans de Prévention des Risques inondation (PPRi) et les Atlas départementaux des zones inondables (AZI) représentent 4.5% du territoire régional en 2011.

Certains secteurs sont plus vulnérables que d’autres. Aussi le bassin versant Allan-Savoureuse qui comporte l’aire urbaine de Montbéliard et Belfort est particulièrement sensible de par les enjeux humains, matériels et économiques qu’il comporte.

D’autres zones à enjeux sont identifiées dans les grandes vallées alluviales du Doubs (à Besançon, en région Doloise et en Basse Vallée), de la Saône (à Gray et alentours), de la Loue (à Ornans, en Basse Vallée, à Parcey…) et localement, du Durgeon (Vesoul) ou de la Seille (Jura). Les enjeux y sont à la fois plus modestes et isolés.

En basse vallée du Doubs, le risque est quantitativement plus faible mais ce secteur présente un très large champ d’expansion de crue qui isole des communes, sans que cela ne représente un grand nombre de personnes. L’inondation est souvent plus longue sur ces secteurs de plaine, elle est aussi moins rapide (il faut plusieurs jours à la montée des eaux pour atteindre le pic de crue ce qui laisse un temps de préparation à la crise).

Sur certains secteurs, l’altération morphologique des cours d’eau aggrave le risque inondation : basse vallée du Doubs et de la Loue, Allan. Ces altérations sont principalement dues à des travaux d’importance menés durant les 19ième et 20ième siècle pour tenter de maîtriser les inondations : coupures de méandres, construction d’ouvrage de protection des terres agricoles, enrochements massifs des berges, création de seuils, modification de la confluence entre le Doubs et la Loue, etc.).

Sur les plateaux et rivières en domaine karstique, les enjeux sont également plus restreints, surtout sur les plateaux eux-mêmes, que l’on peut considérer à risque très faible. Il subsiste quelques secteurs, notamment en vallée de la Loue et ses affluents, qui forment de manière sporadique des zones d’enjeux à rappeler (Ornans, Chouzelot-Quingey sur la Loue, Salins les Bains sur la Furieuse, Lons le Saunier et Saint Claude sur la Bienne-Tacon). Comparativement au secteur Belfort/Montbéliard, le risque est globalement moins élevé, mais les enjeux y sont vulnérables car dans ces vallées karstiques l’inondation peut être brutale, y compris en période estivale suite à des orages violents (Juin 1953).

Le risque est toutefois bien pris en compte en Franche-Comté.

Zoom sur… le risque inondation dans l’Aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt-Delle

L’aire urbaine Belfort-Montbéliard est un territoire fortement peuplé pour une région à dominante rurale, avec une densité bien supérieure au double de la densité moyenne française avec 248 hab/km² pour une population de plus de 300 000 habitants.

L’aire urbaine constitue le principal pôle économique historique de la région. Son passé est marqué d’une histoire industrielle intimement liée au développement de l’automobile de Peugeot et d’Alstom.

C’est également la zone à risques inondation la plus significative de la région Franche-Comté. Sa vulnérabilité globale est importante du fait de l’artificialisation des bassins versants et plaines alluviales et d’une hydrographie complexe (confluence de 3 rivières principales et de 4 affluents plus modestes). Le secteur des agglomérations de Belfort-Montbéliard a été désigné comme Territoire à Risque Important (parmi les 34 du bassin Rhône Méditerranée). En termes d’enjeux, il se caractérise par 89 673 personnes potentiellement menacées, avec des risques ayant des impacts sur 68 408 emplois.

La crue de février 1990 est une crue de référence sur le bassin versant de la Savoureuse du fait de la conjugaison de fortes pluies et de la fonte brutale d’un épais manteau neigeux sur les Vosges.

Le pic de crue a été atteint à Belfort à midi le 15/02 (209 m3/s) et à 16h00 à proximité de la confluence avec l’Allan dans l’agglomération du pays de Montbéliard. Les temps de réaction des cours d’eau sont très rapides, ce qui rend les prévisions de crues très difficiles, voire impossibles. Les dégâts pour cette crue ont été conséquents.

Le site Peugeot-Sochaux a été durement touché de manière directe par l’endommagement de ses installations, et indirectement par une perte d’activité liée au blocage des axes de communication. Les 1500 personnes du bassin d’emploi du secteur industriel de Belfort-Montbéliard ont accusé un chômage technique d’une semaine. Au total, l’estimation des dommages comprenant les pertes matérielles et celles liées au travail non fourni, se sont élevées à plus de 180 millions d’euros pour le secteur industriel.

Les élus du secteur sont fortement actifs. Le PAPI d’Allan Savoureuse a été contractualisé le 28 janvier 2005. Il inclue des travaux de protection, de ralentissement dynamique, d’amélioration de la culture du risque et de la prévention au sens large.

Il a permis de bâtir une véritable politique de lutte contre les inondations en particulier dans le secteur de l’agglomération de Montbéliard situé au cœur d’un nœud hydrographique complexe. Un second PAPI est en préparation.



Atouts Opportunités

Une évolution positive du nombre de Plans de Préventions des Risques (PPR) sur les 10 dernières années.

La mise en place de PPRi permet de limiter les enjeux en zone inondable donc de prévenir les risques.



Opérations de reméandrement et d’aménagement des seuils en cours notamment au niveau de la confluence du Doubs.



Plusieurs PPR approuvés, des études de caractérisation du risque en cours dans le Jura.



La contractualisation de PAPI permet la réalisation d’un programme de mesure opérationnel et en partie subventionné.



Faiblesses Menaces

Un risque inondation majeur au niveau régional.

Imperméabilisation des sols liée au développement urbain.



Augmentation des enjeux humains et matériels liée au développement démographique.



Indicateurs :
Nombre de communes classées en zone de « risque majeur inondations »
Population et nombre de communes couvertes par un PPR inondation